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PolemiKe  |  Polemike : l'agora  |  Lieu commun  |  Votre vie privée vous intéresse et vous n’êtes pas les seuls ! 0 Membres et 2 Invités sur ce fil de discussion. « sujet précédent | | sujet suivant »
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Auteur Fil de discussion: Votre vie privée vous intéresse et vous n’êtes pas les seuls !  (Lu 2565 fois)
neko
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« Répondre #10 le: Février 25, 2009, 12:04:34 »

Citation
Tout a fait d'accord avec toi sur ce que tu as dit au niveau de la personnalité
En même temps c'est une évidence il me semble =O_o=
N'est-ce pas d'ailleurs une méthode pour optimiser la communication que d'utiliser "le même langage" (corporel, verbale) que celui de son interlocuteur ? En quoi le fait le moyen de mieux communiquer cela renie-t-il notre personnalité ? D'ailleurs, au fil du temps que les relations s'approfondissent entre deux individus, il n'y a plus "mimétisme" mutuel mais bel et bien un langage propre à cette très particulière relation qui finit par s'installer entre ces deux dits individus du faits d'expériences et d'échanges partagés.

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« Répondre #11 le: Février 25, 2009, 02:13:55 »

Citation de: neko
D'ailleurs, au fil du temps que les relations s'approfondissent entre deux individus, il n'y a plus "mimétisme" mutuel mais bel et bien un langage propre à cette très particulière relation qui finit par s'installer entre ces deux dits individus du faits d'expériences et d'échanges partagés.

D'autant plus intéressant de savoir fixer la limite entre l'autre et soi.
On parlera ensuite de caractères ou tempéraments familiaux, comme si c'était génétique ...
D'autant plus que la séduction et langage corporel est intrinsèquement lié au mimétisme, comme on peut l'apprendre en PNL, ou pour séduire une personne plus facilement, il s'agira de reproduire ses postures corporelles, sa gestuelle et ses intonations verbales et champs lexicaux.

L'échange de comportements est social, et la théorie de la mémétique ne relève sans doute pas d'une fiction d'un vieux chercheur forcé à publié pour ne pas retourner pointer à l'ANPE.
Mais si les comportements adaptés se transmettent plus rapidement, et que les comportements inadaptés disparaissent progressivement, comment parler de notre identité ? Qui sommes nous, comment penser l'individu hors d'une société, d'autrui ?

Pascal Jouxtel : Comment les systèmes pondent. Introduction à la mémétique.

« Dernière édition: Mai 30, 2009, 04:42:43 par N0N4M3 » Journalisée

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« Répondre #12 le: Avril 14, 2009, 01:00:11 »

L'origine du mot personne provient probablement de l'étrusque et désignait les masques que portaient les comédiens au théâtre. Ces masques donnaient l'apparence, incarnaient chaque "personnage". (Le film de Bergman, 'Persona', y fait référence.)

Au théâtre, le masque cache l'acteur et tire les traits du personnage qu'il joue.
Le masque comme la façade permet donc de cacher ce qu'il y a derrière, en même temps qu'il en dévoile une certaine partie, qu'il met en avant.
Entre maquillage, ravalement de façade, cours de perfectionnement neuro-linguistique, cercles du succès organisés par l'ANPE, émissions de stylisme ou on rééduque des individus à s'habiller avec les tendances du moment, émissions de décos, le nouveau métier en vue qu'est l'architecte d'intérieur,  en passant par la chirurgie esthétique, une des préoccupations actuelles semble être celle de l'image, exit la paix dans le monde et la lutte contre la faim, aujourd'hui si on donne, c'est surtout pour restaurer l'image positive qu'on se fait de nous même  (et qu'on affiche aux autres) quand on a quelque chose à se reprocher.
  • Il y a quelques semaines par exemple, en pleine après midi, dans le RER (train de banlieue) un SDF commence sa complainte rodée devant 20 personnes en pleine digestion, une pièce rouge plus tard, il sort.
    Quelques minutes plus tard, un deuxième apparait, pas plus convaincant, il reçoit pourtant, me semble t il un peu plus de sympathie et de pièces rouges, peut être parce qu'il a fait l'effort de trimbaler son accordéon dans le train et que quelques notes en sorte.
    Un peu plus tard un troisième monte, et commence des supplications désespérées auprès des 20 mêmes personnes qui étaient déjà là lors du premier assaut. Cette fois ci les bourses s'allègent de bouts de métaux noircis par la crasse mais dont la couleur d'origine semble être plus jaune que rouge.
    Fait exceptionnel, un quatrième SDF montera dans le train lors de ce voyage initiatique de la culpabilité vers l'altruisme, vous connaissez la suite ...

Nous, êtres humains, passons le test du miroir dès l'enfance (reconnaitre son reflet) et possédons une conscience réflexive sur nous même.
Dès lors, nous ne vivons que dans les yeux d'autrui, puisque nos modèles nous viennent de lui et que notre savoir, notre être, n'a de valeur que par l'existence d'un référent fiable.
Comment se reconnaitre sans le regard de l'autre ? N'est ce pas grâce au regard de l'autre que nous nous construisons (surmoi) ?
  • Un philosophe qui sortait nu de sa salle de bain, en croisant son chat s'offusqua soudain du regard que le chat portait sur lui; ce n'est qu'au moment ou le chat lui rappela le regard de l'autre qu'il sentit mal à l'aise avec sa nudité.

Pour raccrocher avec la réflexion sur l'image et illustrer la conscience de soi par le prisme du regard de l'autre d'une seconde anecdote folichonne :
  • Adriana Karembeu en voyage dans un pays ou la malnutrition est une bonne chose car déjà synonyme de nourriture, expliquant son métier à la famille qui l'accueille tout en partageant un "repas".
    Citation
    - "Mon dieu j'ai honte ... mon métier c'est ... c'est d'être belle."

Nous nous cachons derrière des images, des façades toute la journée, nous appelons ça intimité, qu'on parle de l'avatar, du pseudonyme, de la devanture de notre maison, de nos vêtements ...

Citation
Selon Walter Benjamin, rendre compte d'une époque, c'est aussi rendre compte de ses rêves. Charlotte Beradt (1901-1986), opposante de la première heure au régime hitlérien, conçut dans une volonté de résistance une étrange entreprise, comme si elle avait voulu appliquer le principe benjaminien. De 1933 à 1939, elle décida de recueillir les rêves de femmes et d'hommes ordinaires afin de mesurer combien le nouveau régime " malmenait les âmes"...

C'est ainsi que dans Rêver sous le IIIe Reich Charlotte Beradt comprend l'évolution du régime totalitaire en voyant se multiplier les rêves angoissants de nudité, ou les murs s'effondrent, laissant a la rue l'intimité des résidents, des murs invisibles ...

Avec la multiplication des supports médias, l'image prend une place de plus en plus importante dans nos vies, pourtant, le tableau qu'un peintre mettait 60 heures à peindre avait plus de sens en cela qu'il était plus travaillé, qu'il s'appliquait à ne pas cadrer son sujet au hasard. Même chose lorsque la photographie coutait si cher qu'une pellicule gâchée mettait en faillite le photographe, pas le droit à l'erreur, pas de photos prise à la va vite des marmots sur la plage qui cuisent au soleil en attendant de pouvoir aller se baigner.
Trop d'information, finit par détruire tout système de valeur.
Le cadre numérique est aujourd'hui l'un des objets les plus vendus, en effet, ils permettent d'afficher ces ravissantes 8000 photos de noël où madame offre un appareil photo à monsieur et monsieur un cadre photo à madame.
Il y a au final tellement de photos qu'on ne sait plus lesquelles afficher, de toute façon aucune n'est vraiment réussie puisqu'on pensait toujours que c'était pas la peine de chercher un bon angle de vue, une bonne distance focale et ouverture optimale puisque dans le lot il y en aurait sans doute une de bonne. Mince, c'est rarement le cas.

Rien de tel qu'une petite expérience de psychologie sociale pour comprendre pourquoi sandrine et patrice sombrerons dans la frustration et la mélancolie à l'heure de choisir les photos qui tournoierons gaiment sur le buffet du salon au rythme des impulsions électriques excitant les leds/crystaux.

  • Sheana Lyengar et Mark Lepper mettent ainsi en scène une expérience pour comprendre le mécanisme de coût d'opportunité.
    Dans une première variante de l'expérience, des volontaires sont soumis à un choix. 6 tablettes de différents chocolats leurs sont présenté, ils peuvent repartir avec la tablette du chocolat de leur choix, ou repartir avec l'argent équivalent au prix d'une tablette de chocolat (toutes valent 5$).
    Pratiquement tous ces volontaires se laissent tenter par une tablette de chocolat et rentrent chez eux, fiers d'avoir fait avancer la science !
    Dans la seconde partie de l'expérience, ce n'est pas 6 chocolats différents mais 30 tablettes toutes différentes les unes des autres qui serons soumises au choix des volontaires.
    Dans ce cas là, pratiquement tous les volontaires choisissent l'argent plutôt qu'une des tablettes de chocolat.
    Renoncer à 29 tablettes en en choisissant une est un coût d'opportunité élevé, un tel choix ne génère chez la plupart des gens que de la frustration face aux possibilités manquées.

http://www.flickr.com/photos/10784686@N07/


http://www.virou.net/index.php/archives/585

Si on s'expose plus volontiers, que l'image est plus présente dans nos vie, elle est pourtant plus creuse, et ne reflète plus alors que la crystalisation d'un moment, comme une extension de mémoire visuelle sans les retouches et lissages que fait l'esprit pour enjoliver son objet d'adoration.
La mémoire fonctionne effectivement par reconstruction successives de la réalité, tout en prenant en compte le fantasme et l'imagination.
C'est ce principe qui permet par exemple de comprendre une bande dessinée (on recompose le personnage en train de faire quelque chose qu'il est censé faire alors qu'on ne fait que nous le suggérer. Certaines images mentales restent bien plus longtemps et plus concrètes que des images dessinées.)
C'est aussi le principe du mouvement en général. Nos yeux perçoivent des centaines d'images à la secondes et notre encéphale recompose le tout en mouvement, ce qui permet le dessin animé, le cinéma, de passer des heures à gribouiller des dizaines de dessins sur des coins de cahier pour les faire s'animer, et aussi le Stop Motion : http://www.youtube.com/watch?v=2_HXUhShhmY&feature=related

Stop Motion

Enfin, pour revenir à notre sujet de départ, je parlerai des exhibitionnistes, pour qui se montrer est une manière d'exister, de vivre un fantasme mais toujours sous couvert d'un certain anonymat, toujours devant des inconnus. L'année dernière, dans un talkshow sur la 2, des intéressés avaient même calculé que le porno amateur dépassait à présent l'industrie du porno en matière de préférence du public et qu'un nouveau marché voyait le jour sans doute grâce à la vague de voyeurisme loft story. Voyeurs et exhibitionnistes se retrouvent sur le net, tout le monde peut être voyeur et/ou exhibitionniste, tout le monde à un rôle.
Facebook est une version édulcorée de loft story, ou tout le monde voit ce que fait ce que tout le monde veut bien se laisser voir.
On exhibe ses gouts, ses valeurs, de manière très binaire (Jean Merde à rejoint le groupe "Fan de Tokyo hotel" ) laissant aux voyeurs le choix de fantasmer de qui on est, de recomposer à partir de leurs fantasmes la personne qui transpire à travers cette longue juxtaposition de préférences, de goûts et de messages perso hautement intellectuels.
"Ah elle est verseau, je suis lion, on est compatibles, elle aime la musique, moi aussi, on est fait l'un pour l'autre, elle est dermato, j'ai une peau, entre nous c'est forcement pour la vie entière ..."

FriendFace, la vidéo de présentation du tout nouveau réseau social
http://www.youtube.com/watch?v=1Pebihz0FJA

Faut il alors saluer l'initiative d'avoir conçu un espace à valeur thérapeutique, s'alarmer de l'effet sur des gens sains, se demander si on peut encore être sains dans une société moderne ou si la santé est à redéfinir démocratiquement ... ?

La liberté d'expression si âprement défendue par les plus conformistes a t elle encore une utilité constructive ?

« Dernière édition: Mai 28, 2009, 04:08:20 par N0N4M3 » Journalisée

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« Répondre #13 le: Mai 12, 2009, 02:42:33 »

Depuis le 29 Avril 2009, CartoCrime, un site du gouvernement Français, propose à qui le veut, de consulter les statistiques des crimes avérés sur son sol.
Sur ce site, vous pourrez avec joie vous adonner à de nombreux petits plaisirs coupables, comme :
  • Colorer les régions de France de différentes couleurs, voire même les départements
  • Reviser vos statistiques
  • Corroborer vos aprioris sur la paisible vie que doit être celle dans la Creuse.

...

Pendant ce temps là, aux Etats Unis, terre promise de la liberté des hommes, certains paranoïaques se donnent des frayeurs avec des sites bien plus concrets.
Family Watch Dog, c'est la version electronique du chien de garde familial que vous avez acheté pour proteger vos enfants; vous savez, ces molosses qui finissent par se nourir de leurs visages  Clin d'oeil
Dans cette version nettement moins baveuse, il vous suffira d'indiquer votre adresse pour obtenir un joli plan de quartier des criminels sexuels environnant, qu'ils résident ou travaillent près de chez vous, que l'agression remonte à plus de 20 ans ou non, qu'il s'agisse d'une pratique sexuelle illégale dans certains Etats ou non.

Citation
En 2003, la Cour suprême des États-Unis a déclaré anticonstitutionnelles les lois de certains États fédérés contre la sodomie. Elles violent le XIVe amendement de la constitution qui protège la vie privée et la liberté des citoyens américains. Treize États fédérés, situés surtout dans le sud du pays, pratiquaient jusqu’alors des lois contre la sodomie entre adultes consentants, dont quatre condamnaient aussi les fellations : le Texas, le Kansas, l’Oklahoma et le Missouri.


Bref, vous êtes Dieu, vous êtes omniscient, vous vous vautrez dans le récit croustillant de crimes que vous etayez par les faits.
Du voyeursime digne des shows TV les plus dégradants, et pourtant, on arrive à faire croire à tout le monde que c'est pour le bien des bambins.
C'est sur que d'avoir des parents paranos qui parlent tout le temps d'agressions sexuelles, de monsieurs qui font de vilaines choses aux petits enfants, qui vivent dans l'angoisse et la peur, qui projettent de demenager tous les 2 mois, c'est forcement plus sain que de courir le risque (qu'on court de toute façon)
On parlera donc d'un magnifique outil politique conservateur afin de confiner le peuple dans un état de terreur propice aux manoeuvres gouvernementales.
  • On rapellera cette étude de Peter Fisher, dans laquelle des individus se montrent plus fermes dans le jugement qu'ils prononcent contre un voleur de voiture lorsqu'ils ont au préalable lu un article concernant des attentats terroristes. Horrifiés par les attentats, les individus se font zélés pour condamner plus lestement toute forme de trouble de la paix sociale.

On notera aussi l'implication de l'heuristique de disponibilité dans les processus de terreurs induits par l'omniprésence de ces carrés rouges sur le sol Américain.
Impossible maintenant de sous estimer le nombre de ces criminels, ils sont là, modélisés par des petits carrés de couleurs, à dominante rouge pour les pédophiles, jaunes pour les viols sur adultes, leurs lieu d'habitation, leurs travails, tout est là ...
On dira volontiers sur ce genre de site que les violeurs sont les criminels de la pire espece et qu'ils recidivent forcement, qu'aucune réhinsertion n'est possible, alors même que leurs outils prouvent le contraire. On pourra donc parler sans mauvaise conscience de peine de mort, histoire de réduire le nombre de ces petits carrés si angoissants, "surtout que nous, on est victimes de ces gens là, et eux sans doute que s'ils étaient à notre place ils feraient la même chose "... (voir : Le choix très démocratique du Joker)

Discussion similaire : How to catch a predator : Pédophilie, traque sur internet et humiliation; la recette d'un show tv à succès.


WOOF * WOOF **




Traduction :
* Un pédophile rode près de chez toi, attention à tes enfants, ils pourraient bien se reveler être les innocentes victimes de ton manque de vigilance et de l'irresponsabilité dont tu fait preuve en n'allant pas instamment te renseigner sur familywatchdog.us afin de prendre les dispositions nécessaires à l'éradication complète de cette vermine dégénérée lors des prochaines éléctions.
** God Bless America
« Dernière édition: Mai 18, 2009, 12:48:41 par N0N4M3 » Journalisée

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« Répondre #14 le: Juin 02, 2009, 02:21:47 »

Dans le cadre de la conférence ICWSM (International Conference on Weblogs and Social Media) prévue cette année, la première étude sociologique sur la pudeur est menée par le site Sociogeek à partir du formulaire suivant : http://sociogeek.admin-mag.com/


Citation
Synthétiquement, l’échantillon de répondants présente des singularités fortes décrites ci-dessous : une surreprésentations des hommes, une population jeune, politiquement plutôt à gauche et largement cadre ou étudiante. En outre les répondants ont un usage élevé d’internet et des réseaux sociaux (notamment Facebook). L'échantillon étudié contient 7580 sujets.

Ainsi, dans un premier rapport d'étude nous découvrons avec la plus grande perversion dont nous sommes capables, l'impudeur et les mœurs des utilisateurs des réseaux populaires du web que nous sommes (Facebook, Blog, Myspace, Copains d'avant, Linkedln, Dailymotion, Flickr, Viadeo ...).

L'analyse des résultats montre qu’il existe quatre formes d’exposition de soi différentes.

  •   1.  L’exposition de soi traditionnelle correspond aux formes habituelles de mise en scène de sa vie privée :
la photo de famille, de vacances, de mariages ou de supporter sportif.

  •   2. L’impudeur corporelle correspond aux formes d’exposition de soi caractérisée par la nudité
corporelle, l’intimité sexuelle et la vie amoureuse. Elle rassemble les photos de baisers, de nudité, d’acte sexuel et de grossesse.

  •   3. L’exhib’ correspond aux formes d’expression de soi dans lesquelles les personnes se montrent dans des
poses théâtrales, marquées et très expressives dans un ensemble varié de contextes :en mangeant, décontracté au travail, en colère, ivre, dansant, manifestant ou affichant le désordre de leur lit.

  •   4. Le trash correspond à des formes d’exposition de soi outrancières lorsque les participants exhibent des images
"négatives" d’eux-mêmes pleurant, malades ou exhibant des disgrâces corporelles comme des boutons.
Citation
Cette décomposition des différentes formes d’exposition de soi montre qu’à côté de la question de la pudeur et de l’impudeur corporelle, qui a une existence longue et traditionnelle, se développe une "nouvelle" forme d’impudeur, que les internautes désignent souvent comme de l’exhib’. Elle caractérise la nouvelle culture d’expressivité juvénile, où il s'agit de montrer que l'on est cool…


---------------source
Les sites que l'on regroupe à présent sous l'appellation de web 2.0 expriment un paradoxe : si l'on brise volontiers les barrières de l'intimité, on le fait en sélectionnant des ambiances et des émotions positives. Il est très rare de montrer des photographies mettant en scène la tristesse, la souffrance, la maladie, et le plus souvent on évite de montrer ses enfants. Cette sélectivité répond à ce qu'on nomme la pression d'optimisme, à savoir que tout individu tend à minimiser l'expression de ses émotions négatives, afin d'attirer le plus d'amis et de contacts possible.
 
Le type de présentation de soi est également déterminé par l'appartenance sociale, avec une répartition selon les niveaux socioprofessionnels : les hommes jeunes issus de couches populaires s'exhibent beaucoup plus, et de façon plus provocante, que les cadres supérieurs du privé, par exemple. L'idée est que l'exhibitionnisme tapageur est une stratégie pour étendre son réseau d'amis ou de contacts sur Internet, en se faisant remarquer. Il semble que, tout comme dans la vie réelle et peut-être plus, le besoin s'attirer l'attention soit une règle fondamentale sur Internet.
---------------source

Comment choisit on ses amis ?

Nombre d'amis en fonction de l'exposition web
Pour résumer, si les individus se montrent davantage, qu'ils exposent plus facilement leur intimité sur le net et sur les réseaux sociaux, ils sont aussi plus sensibles à l'image qu'ils affichent d'eux mêmes (quelle surprise) et se mettent en scène de façon binaire (il aime/il déteste), en marquant volontairement les traits qu'ils rattachent à leurs personnalités et jugent avantageux.

La question des préjugés et stéréotypes se pose alors :
Nous définissons les individus par ce que nous croyons qu'ils sont, à l'aide de stéréotypes / préjugés [Vidéo Effet de Catégorisation]

Cet étiquetage identitaire influence par bien des manières la façon dont nous percevons autrui :
Dans l'effet Pygmalion, nous notons l'impact positif et stimulant de la croyance chez celui qui élève rats ou enfants qu'ils sont surdoués.

  • Rosenthal a découvert l'effet Pygmalion en réalisant l'expérience suivante :
    •  Après avoir constitué deux échantillons de rats totalement au hasard, il informe un groupe de six étudiants que le groupe n° 1 comprend 6 rats sélectionnés d'une manière extrêmement sévère. On doit donc s'attendre à des résultats exceptionnels de la part de ces animaux.
    •  Il signale ensuite à six autres étudiants que le groupe des 6 rats n° 2 n'a rien d'exceptionnel et que, pour des causes génétiques, il est fort probable que ces rats auront du mal à trouver leur chemin dans le labyrinthe. Les résultats confirment très largement les prédictions fantaisistes effectuées par Rosenthal : certains rats du groupe n° 2 ne quittent même pas la ligne de départ.
    • Après analyse, il s'avère que les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient particulièrement intelligents, leur ont manifesté de la sympathie, de la chaleur, de l'amitié ; inversement, les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient stupides ne les ont pas entourés d'autant d'affection.
      L'expérience est ensuite tentée avec des enfants, à Oak School, aux États-Unis, par Rosenthal et Jacobson, mais en jouant uniquement sur les attentes favorables des maîtres.

  • La Menace du stéréotype est une expérience démontrant le revers du phénomène de catégorisation.
    "Situations dans lesquelles des membres de groupes stigmatisés sont conscients du fait qu'ils pourraient être évalués en fonction  des stéréotypes négatifs entretenus au sujet de leur groupe et craignent de confirmer ces attentes stéréotypées."   [Expérience de la menace du stéréotype]

  • Enfin, l'expérience de Bargh et celles de ses successeurs montrent l'influence de l'activation de stéréotypes sur le comportement.
    Ainsi, dans l'expérience d'une équipe de psychologues sociaux de Nanterre, des étudiants en sport doivent effectuer un exercice physique après avoir été amorcés de différentes manières.
    L'exercice est un lancé de balle lestée (500gr), les étudiants ont au préalable indiqués unanimement deux types d'individus : ceux qui réussiraient le mieux (les basketteurs) et ceux qui réussiraient le moins bien (les personnes âgées) dans la longue liste de leurs stéréotypes favoris.
    • Puis, après quelques mesures déstabilisatrices (période de latence ...), afin qu'ils ne comprennent pas le but de l'expérience (qui la rendrait caduque), leurs stéréotypes sont activés.
      "Pour cela ils disposent d’une feuille sur laquelle sont présentées la consigne ainsi qu’une vingtaine de phrases à compléter de type « Les personnes âgées sont ... » ou « Les basketteurs sont ... ». Les participants font donc l’objet d’un double amorçage. Ils sont
      exposés de manière répétée à une catégorie dont le nom est inscrit 20 fois sur le document (amorçage par exposition répétée) et ils doivent générer eux-mêmes des mots-traits associés à cette catégorie (amorçage par production)."
    • L'exercice est effectué et les résultats sans appels; les personnes ayant eu à trouver des caractéristiques de personnes âgées répondent au stéréotype qu'ils en ont en sabotant inconsciemment leurs capacités, les autres améliorent leurs performances habituelles en répondant eux, aux stéréotypes des basketteurs.

Puisque les groupes répondent et se définissent à partir de stéréotypes, ils enferment par la même occasion leur personnalité et leurs comportements à l'intérieur de ces stéréotypes.
Il n'est plus alors question d'être autrement que ces caractéristiques binaires par lesquelles ils se définissent, puisque inconsciemment leur manière d'être est conditionnée par la manière dont ils se définissent.

Exit les descriptions détaillées, on s'en remet aux cinq tirets censés définir nos vies, mais les utilisateurs marchent et comble du comble, indiquent souvent qu'ils détestent qu'on les juge rapidement (une des phrases les plus constantes avec "j'aime mes amis")

Voilà comment les structures d'échanges minimalistes et institutionnalisées détruisent peu à peu le monde  Roulement des yeux

Bon bien sûr vous avez compris qu'il s'agissait de faire grossièrement le tour de quelques études en partant d'un phénomène bien présent et bien ancré dans notre culture. En aucun cas Facebook et ses utilisateurs ne se résument à végéter toute la journée devant leurs écrans pour donner un semblant de vie et d'interaction sociale à leurs misérables existences.
De même manière, toute étude est à interpréter avec précaution et c'est bien sûr avec les plus grands aprioris du monde et en brossant les vôtres dans le sens du poil qu'on en arrive à tirer des conclusions qui vont forcement dans le sens qu'on veut y donner.

Rappelons pour exemple que 8 personnes sur 10 possèdent un accès à une messagerie instantanée, que Facebook est un merveilleux outil de socialisation compensatoire et espace thérapeutique, et que le nombre à toujours définit les normes.
On s'étonnera que très peu d'ailleurs de ce genre de service, puisque la réussite d'une telle plateforme tiens toujours à un besoin latent ou bien présent, qu'il s'agisse d'une simplification, d'un recyclage ou d'un nouvel outil.
La messagerie instantanée remplace pratiquement les mails : simplification qui comporte ses revers, Facebook s'inspire principalement à mon sens de forums, avec les revers inhérents aux simplifications qu'il comporte ...
Donc ne craignez rien, nous ne sommes que les symptômes de nos époques ou le dialogue disparait au profit de la communication.

« Dernière édition: Juin 02, 2009, 09:33:35 par N0N4M3 » Journalisée

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« Répondre #15 le: ſeptembre 15, 2009, 01:17:56 »

La nouvelle délinquance et ses outils

Préface de l'auteur :
Cette pièce est une fiction basée sur des faits réels, à vous de distinguer la fiction du réel.

SCÈNE I
En Grande Bretagne, de nos jours, dans un bureau du CRB (Criminal Records Bureau; Équivalent au département des casiers judiciaires Français)
Lever de rideau, le public découvre un plateau éclairé d'une lumière blafarde, aux murs jaunis par l'humidité, les moisissures et la vieille peinture au plomb. La scène se déroule dans un bureau sous terre, il n'y a donc pas de fenêtres. Aucun dossier ni document n'est visible sur les deux bureaux qui composent la pièce, en revanche ils sont richement fournis de gadgets de toutes sortes ( bilboquet, balles en mousse, coussin péteur ...)


Peter : John, John ! en arrivant avec empressement dans le bureau où son collègue somnole.
Je suppose que tu n'a pas lu le bulletin trimestriel de la direction ... il attend quelques secondes pour laisser à son collègue la chance de répondre
Nous allons déménager, finit le bureau lugubre au troisième sous sol, le mois prochain nous aurons un nouvel espace de travail flambant neuf !

John : Neuf ans que je dors le jour pour enchainer un autre boulot le soir et joindre les deux bouts et tu me dit que je vais devoir changer de job ? Et pour quelle noble cause déjà ?

Peter : Pour la création de l' ISA, l'independent safeguard authority, la haute autorité à la protection citoyenne, n'est ce pas formidable pour toi, aide soignant dans un hôpital de nuit que de te donner entier au service d'autrui ? En invectivant son collègue

John : Oh moi tu sais, moi ... c'est surtout pour le fric ... en se renfrognant  
D'ailleurs tu sais c'est pas parce qu'on bossera dans un département qui porte le doux nom de protection de quoi que ce soit qu'on aura quelque chose à voir dans ce merdier. Moi en tout cas j'en ai rien à faire.

SCÈNE II
Un mois plus tard, à l' ISA, dans un luxueux bureau placé sur un piédestal au milieu d'un vaste open space, les deux collègues sont en formation.

Le formateur : Bien, messieurs, vous avez compris votre rôle au sein de la nouvelle équipe qui sera bientôt la votre ?
Dans les grandes lignes vous vous contenterez de former puis contrôler le travail des agents qui serons sous vos ordre.
Si jamais un dossier vous pose problème, faites du mieux que vous pouvez, je suppose que ceux qui vous on placés ici répondent de vous, vous avez donc les mains libres.
Si les textes d'application ne sont pas clairs et génèrent quelques cas particuliers vous n'êtes pas les coupables, si un texte porte à confusion vous n'êtes pas les coupables, en d'autres termes vous êtes ici chez vous. Saluant poliment et se retirant.  

John : Eh bah tu parles d'un bordel. A demi voix pendant que le formateur sors.
Laisse moi résumer : On est les nouveaux patrons d'un controversé service de recueillement de données personnelles et d'enquête sur la vie privée des citoyens ...

Peter, l'interrompant  : Ça va être super, j'ai toujours rêvé d'être policier et d'arrêter de dangereux criminels, nous avons l'incroyable opportunité de diriger le premier organisme d'état à lutter efficacement contre la pédophilie et aurons la chance d'être ceux qui pourrons arrêter avant qu'ils ne commettent leur crimes des individus comme ... comme ... son nom m'échappe, tu sais pourtant, le concierge qui avait tué deux fillettes de l'établissement dont il avait la charge ...

John : Ian Huntley, oui, c'est sur, je suis pas pour la pédophilie ni pour les crimes d'aucune sorte mais là, les moyens mis en œuvre pour interdire à 45 000 personnes de travailler -selon les prévisions- ... ça m'a un peu l'air déjanté et totalitaire quoi !  d'un air désabusé
C'est quand même un permis spécial distribué par l'État pour avoir le droit d'être en contact avec d'autres humains ! l'indignation fait jour en lui

Peter : Mais 45 000 tu ne te rend pas compte, 45 000 personnes qui seraient susceptible selon les estimations de torturer violer mutiler et laisser ton enfant pour mort dans une ruelle au milieux de détritus, à engraisser les rats et à nourrir les chats du voisinage.
Là c'est simple, nous demandons gentiment à ceux travaillant au contact de personnes vulnérables de se soumettre à nos services, ensuite nous croisons les données avec les casiers judiciaires ... va chercher une liste et continue de parler pendant qu'il cherche
Et puis, franchement, les gens racontent leur vie sur facebook, leurs blog myspace etc ... La seule chose que nous faisons en réalité c'est de prendre des notes sur les individus et de recueillir des appréciations d'anciens employeurs, d'amis, de voisins et celles qu'ils laissent eux mêmes sur le net. Brandit la liste
Et s'ils correspondent au signalement : énumère
situation de solitude émotionnelle sévère
mode de vie chaotique, instable, impulsif  
liens avec des asociaux
recours à des substances ou au sexe pour faire face au stress
Et s'ils ont des casiers judiciaires, qu'ils ont été soupçonnés dans une affaire criminelle ou délinquante, nous les sortirons du système, c'est aussi simple que ça !

John : Bah j'ai pas l'impression ... songeur comment on fait pour déterminer que quelqu'un est en situation de solitude émotionnelle grave, comment on fait pour fixer un seuil acceptable de mode de vie ? Est ce que l'abbé qui donne la soupe populaire et qui a des liens avec les asociaux est concerné ?
Un asocial c'est pas une personne vulnérable par hasard ?

Peter : Non, il faut que deux critères soient réunis pour interdire le permis de travail avec les personnes vulnérables.
Et puis je suis certain qu'ils ont pensé à tout, notre service n'est pas le seul là dessus, chacun à une place dans cet engrenage, nous n'allons pas tout décider nous mêmes !

John : Si tu veux mon avis, j'ai l'impression qu'on nous a sortis du placard pour une bonne raison.
Les conneries pour roder le système, c'est nous les premiers qui allons les faire, et tout va nous péter à la gueule. C'est clair que la fiche de paye est conséquente et que je suis coincé ici par l'argent, je crache pas sur le boulot et de toute façon ma démission n'endiguera pas ce département, mais j'ai l'impression qu'on va devoir marcher sur des œufs ...

Peter : Autant que ce soit nous plutôt qu'un con de fasciste tu me dira.

John : Exactement.

SCÈNE III
Quelques semaines plus tard, le bruit de 200 employés pianotant et cliquant sur leurs ordinateurs, sur leur piédestal Peter et John agacés ouvrent leurs mails concernant des dossiers en attente de traitement, en provenance de leurs agents.

John : Crétins, crétins ... invectivant Peter encore un nouveau qui demande la permission de se torcher le cul !
Lis le mail de l'agent en question en s'esclaffant "Mary-Elisabeth machin, infirmière, refus d'obtempérer et de payer les frais de dossier de 64£ pour l'insertion dans la base de donnée de l' ISA".
Quel pointillisme de mémé franchement, limite obsessionnel là, quel besoin il a de préciser le montant des frais de dossiers, je vais faire une enquête sur son facebook tiens !

Peter : Écoute donc le mien avant : "Henry bidule, instituteur à été aperçu déambulant nu chez lui volets ouverts en soirée."
C'est clairement un comportement inadapté et un mode de vie impulsif en plus d'être une atteinte à la pudeur ... Dès qu'ils sont chez eux la convenance disparait et ils se croient tout permis. Justement en parlant de permis ... Ils rient tous les deux à gorge déployée et s'exclament en cœur :
Salopards de pédophiles en puissance !



Selon vous, quels détails appartiennent à la fiction, lesquels à la réalité ?





« Dernière édition: ſeptembre 16, 2009, 04:22:19 par N0N4M3 » Journalisée

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